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Info lettre aux futurs participants du trail du petit-ballon 2012 - C. Acker

publié le 11 déc. 2011 à 02:24 par JF Bonnet   [ mis à jour : 18 déc. 2011 à 05:45 ]


Les premières neiges viennent de recouvrir le parcours du trail. Nos reconnaissances se poursuivent afin de rester au contact avec le terrain. Il reste environ 100 jours avant le 18 mars 2012.


Christophe a choisi d’effectuer un repérage du parcours, mercredi matin. (malgré les vives protestation de Patricia, sa femme !!! elle en a vu d’autres..) Une grosse pluie dans l’arrière vallée accompagne mes premières foulées à partir du col du Firstplan. C’est vers le Hirtzenstein que mes premiers pas foulent une neige très lourde. Après 4 km d’échauffement la plaine de Rouffach est atteinte, sous une pluie battante.


J’entame la montée vers le Petit-Ballon et la ferme du Stohberg, le chemin est raviné par une eau glacée.
 

Mes pieds ne tardent pas être gelés avec cette eau qui rentre dans mes chaussures. Le vent s’est invité à ma promenade, soufflant irrégulièrement par rafales. Ma détermination est entière, je dois atteindre le sommet qui peu à peu se laisse entrevoir malgré les passages brumeux. La ferme du Stohberg est atteint. Elle me sert momentanément d’abri car c’est la tempête. Depuis plusieurs hectomètres, je ne cours plus sous l’effet des rafales. Je profite d’équiper mes ascis de mes « chaines » Michelin pour favoriser l’adhérence dans la neige.

Après 10 minutes de patience le vent se calme, je décide de prendre le sentier coté nord du massif.
Amis coureurs souvenez-vous du petit sentier en dévers et très escarpé ? Là où les cuisses sont durcies par l’effort.

 
Arrivé sur le plat, je repars en petites foulées vers le parking.. A la sortie de la lisière je m’arrête net. Je suis baladé tantôt à gauche et tantôt à droite du chemin par les grosses bourrasques remontant de la vallée de Munster. Au loin on distingue le Hohneck ou le Hilsenfirst parmi le brouillard. Au loin le ciel devient noir, une forte averse me glace. Je ressens cette eau qui coule sur ma peau. Je m’élance comme je peux sur cette partie escarpée, giflé par des giboulées. Ca ne vous rappelle rien cette ligne droite entre les genévriers et les cailloux, débouchant sur la statue de la vierge du sommet ?

J’avance très lentement, me protégeant le visage avec mon sac à dos, d’un vent violent qui souffle de coté me projette plusieurs fois à terre, m’étant un genou sur cette neige mouillée . Mes gants et mon bonnet seront essorés au sommet. Même mon « goretex » a abdiqué et laisse passer l’eau.

Ca y est j’y suis… un sommet coté ouest avec peu de neige. Je suis trempé, frigorifié… le bruit du vent dans les épicéas est assourdissant, et je tiens à peine debout dans ces bourrasques de pluie glacée. Je ne poursuis pas dans le glacis coté SUD car la visibilité est nulle, à tout moment je peux être précipité dans le vide de la corniche. Je choisi le coté Nord pour redescendre, dans la foret de hêtres. La neige est profonde et atteint les genoux.

  

Une arrête de neige s’est formée sous le vent. Je m’éloigne du sommet vers cette foret mystérieuse en coupant parmi ces arbres qui se balancent au vent. Le retour me permet d’entreprendre de longues foulées dans cette neige mouillée et lourde. Arrivé au col du Boenlesgrab, je suis transformé en éponge mais rempli d’émotions. Hormis la neige, les chemins et sentiers sont praticables. Je reviendrai dans quelques jours, dès que la neige sera meilleure, mais en raquette cette fois- ci je trouverai bien quelques coureurs « ravagés » pour m’accompagner de nuit en raquette, à la frontale à travers la forêt du massif du Petit-Ballon

Courage les gars à votre tour viendra, mais pas dans ces conditions.

Poursuivez votre entrainement et passer de bonnes fêtes!
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